Une palette d’engagements

Derrière la déclaration d’intérêt, que l’on peut mesurer par la prise de compétences, des distinctions considérables apparaissent d’un territoire à l’autre.

D’une part, l’effort budgétaire (soit la part de la culture dans le budget total de l’EPCI) ou le budget culture par habitant reste très variable et est différent d’un type d’institution à l’autre. Ainsi, la culture représente 1,8% des budgets des métropoles, 2% de ceux des communautés de communes et 3,1% de ceux des communautés d’agglomération (Source : DEPS, ministère de la Culture, 2019).

Alors que la culture est souvent revendiquée comme un élément de distinction métropolitaine dans un contexte de compétition interterritoriale, en raison de son pouvoir d’attractivité joyeuse, de rayonnement sympathique, elle est rarement une des compétences majeures de la métropole en tant qu’institution.

Un relatif petit nombre d’intercommunalités, urbaine ou rurale, se révèle particulièrement dynamique, cache une majorité d’EPCI qui n’entrent en culture que modestement.

Ensuite, le contenu de l’intérêt culturel communautaire est très variable et en évolution constante.

Si les domaines à réseaux d’équipements (lecture publique, enseignement musical) sont plus fréquents que les événements ou lieux patrimoniaux ou de spectacle, le type de responsabilité est lui-même variable : de la substitution totale à la commune à la simple délégation des réseaux informatiques, en passant par la seule animation culturelle des lieux.

Depuis quelques années et du fait de la décentralisation, au-delà des transferts d’équipements, qui ont souvent constitué l’unique entrée dans la compétence culturelle, les stratégies se diversifient. On voit notamment apparaître la notion de projet culturel de territoire, pour lequel la focale est moins mise sur l’équipement que sur le partenariat entre une grande diversité de protagonistes. Souvent, cette diversification stratégique obéit à la nécessité de donner aux équipements transférés une nouvelle vocation sur un espace lui-même nouveau, et non de se contenter de changer la tutelle de l’organisme sans rien changer de son action.

C’est qu’ici la perception de l’intérêt d’une politique culturelle n’est ni nécessairement partagée dans le même terme ni avec la même intensité par les élus d’un périmètre intercommunal. Cela s’est vu en particulier à l’occasion des fusions d’intercommunalités : certaines avaient acquis la compétence culturelle et transféré des équipements, d’autres non. Leur union s’est souvent traduite par la re-municipalisation de la compétence culturelle.

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